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Louis XIV à BOUQUENOM  (Sarre-Union) juin 1683
Louis XIV à BOUQUENOM  (Sarre-Union) juin 1683

 louis XIV


Louis XIV à BOUQUENOM  (Sarre-Union) juin 1683

c'est à cette époque que les protestants ont commencé à ètre maltraités , par le Roi de France
il fallait se convertir au catholicisme, ou partir...
En 1685 tous les pasteurs luthériens de la région ont été arrètés et conduit à Bitche pour y ètre
emprisonnés. Mon lontain ancètre Jean Henri Wintzheimer ,pasteur luthérien de Bouquenom à l'époque, faisait partie du convoi.

le pasteur luthérien Wintzheimer écrit dans une page du registre paroissial  juin 1683 :
"pendant le quartier du Roy"


 Vers la fin du mois de juin 1683, un étrange remue-mènage agitait la petite ville de Bouquenom.

Partout en voyait par les fenètres grandes ouvertes des femmes en train de laver, d'époussiérer

d'éssuyer. L'eau coulait à flots dans les corridors dallés de grès , et dans les rues balais, pelles

et brouettes étaient à l'oeuvre. Lorsque le dernier jour du mois fut levé , toute la ville avait un air de fète.

Mème les gens les plus agés ne se rappelaient pas de l'avoir vue aussi coquette , aussi accueillante,

et depuis longtemps des pas aussi précautionneux n'avaient effleurés le sable fin qui saupoudrait

couloirs et planchers.

  C'est que Bouquenom attendait un hote auguste, le plus illustre du siècle, Sa Majesté Louis XIV,

Roi de France.

 Sa venue soulevait-elle l'enthousiasme ? Ce serait trop dire . Bouquenom n'était pas une ville française

mais Lorraine. C'était mème une ville occupée, car Louis XIV , outré à juste titre par la politique tortueuse

et louche du Duc Charles IV , avait en 1670 , fait entrer des troupes en Lorraine.

C'était la deuxième fois que cette aventure arrivait au duché. La cinquième année de cette seconde

occupation le Duc termina sa vie aventureuse. IL avait été assez bon capitaine , mais manque de sens

politique , et ses lubies amoureuses avaient défrayé les chroniques de son temps.

Ses sujets de Bouq uenom ne devaient pas trop le regretter , et quel lien pouvait le rattacher

à son successeur Charles V , qui vivait à la cour de Vienne et commandait les armées de l'empereur?

Annexée brusquement  par le duc de Lorraine en 1629 , à la suite d'un procès qui avait duré 101 ans,

enlevée ainsi aux comtes de Nassau-Sarrebruck , prises et pillée tour à tour par les soldats suédois ,

lorrains , français , impériaux , administrée par un représentant tantot du duc de Lorraine , tantot du

Comte de Nassau-Sarrebruck , tantot par un gouverneur français , notre bonne ville ne devait pas voir

fleurir dans ses murs un sentiment  national ou dynastique bien vif.

  Nous devons supposer que les gens de Bouquenom attendaient le roi de France sans enthousiasme,

mais avec curiosité déférence et probablement avec un peu d'appréhension. On avait tant entendu

parler des splendeurs de Versailles qu'on se demandait si le roi ne serait pas mécontent de la

réception somme toute très modeste qu'on pouvait lui faire , malgré les soins minutieux des

préparatifs.
                                                                            ****
   La ville n'avait d'ailleurs pas encore pu faire disparaitre toutes les blessures que les évènements

lui avaient infligées . Les brèches faites dans le mur d'enceinte lors de l'occupation française

en 1671 sur l'ordre de Créqui et avec le concours des habitants requis à cet effet.

Depuis quatre ans la guerre de Hollande était terminée , mais la paix était si peu solide !

Exploitant à fond le traité de Nimègue , Louis XIV avait "réuni" à la France entre  autres

les comtés de Sarrewerden et de La Petite-Pierre , les seigneuries de Diemeringen , Fénétrange,

Morhange , Bitche , et en septembre 1681 il avait occupé Strasbourg.

Cette politique envahissante inquiétait les nombreux adversaires du roi , et un jeu diplomatique

très serré se jouait en 1682. La Hollande , la Suède , l'Espagne et l'Empereur  s'allièrent.

Louis XIV répondit par un traité avec le Danemark et le Brandebourg , principale puissance

militaire de l'Allemagne , et ses agents étaient en pourparlers avec l'empire ottoman pour

l'inciter à lacher ses armées contr l'Autriche . Tot ou tard le conflit devait éclater .

Louis XIV le savait et il se préparait. C'est la raison pour laquelle il entreprit ce voyage en 1683,

le troisième en Alsace , un voyage d'inspection.
                                                                             Histoire locale Sarre-Union Buckenum

                                                                    Louis XIV aurait dit: «L'Etat, c'est moi!»

   Le roi quitte Versailles le 26 mai en compagnie de la reine Marie Thérèse , de ses frères , le duc

d'Orléans et la femme de celui-ci ,la célèbre Liselotte , prIncesse palatine , le dauphin se joignit

au cortége en cours de route. Mme de Montespan , la belle amie du roi , qui ,avait participé au

voyage en 1673 et en 1681 , manquait cette fois-ci ;elle était en disgrace , supplantée par
Mme de Maintenon.
                                                                

   Le cortège prit la route de la Bourgogne , passe à Auxerre et Dijon. A Bellegarde sur la Saone ,

le roi inspecte un camp ou il avait réuni 1O OOO cavaliers et une importante artillerie.

Il avait visiblement encore deux autres camps semplables : Molsheim et Bouquenom.

Il les avait établis non loin des frontières , à pied d'oeuvre . Les soldats s'y préparaient  à

la guerre ,faisaient l'exercice , construisaient , attaquaient et défendaient des fortifications.

   Le 16 juin , le roi arrive à Besançon , ville espagnole prise en 1674 . Il passe en revue

la compagnie de cadets , jeunes nobles qui se préparaient au métier des armes.

Pour former de jeunes officiers en nombre suffisant , Louis XIV avait crééd'autres compagnies

de cadets à Brisach et à Strasbourg.

   Après la visite de Besançon , le cortège royal remonta le Doubs , puis traverse Belfort ,

toute petite ville dont Vauban avait reconnu l'importance stratégique et qu'il

allait fortifier quetre ans plus tard.

   Le 24 juin le roi arrive à Colmar . Il fit faire l'exercice aux cadets qu'on avait fait venir

de Brisach . Deux jours après il était à Strasbourg . Il visite la citadelle dont Vauban

avait tracé les plans et qui était à peu près terminée , l'Eplanade ou de nombreux

batiments militaires commençaient à s'édifier. Il traverse le Rhin sur le pont de bateaux

et fit son entée à Kehl . A Strasbourg il passe en revue , ces jeunes gens porent l'habit

violet orné d'aiguillettes , une plume blanche au chapeau , avaient une belle allure

et ce fut un régal de les voir défiler quatre à quatre devant leur souverain

qui se découvrit au passage des capitaines et des lieutenants.

   Vers le soir , le roi quitta Strasbourg , car il ne voulait pa coucher dans

une ville hérétique. Il suivait les berges du canal de la Bruche que Vauban

avit fait creuser pour transporter à Strasbourg les pierres des carrières

de Wolxsheim et des Vosges. Le roi reste trois jours à Molsheim et logeait

au couvent des capucins. Il inspecte le camp ou se trouvait entre autres

le régiment de dragons du Dauphin que celui-ci présente au roi.

   Le cortège royal quitte Molsheim le 29 juin et passe la nuit à Bouxwiller

au chateau des comtes de Hanau-Lichtenberg. Le lendemain on se mit en

route pour Bouquenom.

   Lentement la longue suite de lourds carrosses , de chaises et de voitures

monte les pentes des Vosges . On arrive à La Petite Pierre . C'est la

probablement que le roi reçut une délégation du Magistrat de Saverne

qui demande le relèvement des murs de la ville. Le roi le promit et dès

son retour il ordonna à cet effet d'une contribution sur tous les sujets

de l'éveché .

   Sortie de la Petite Pierre , la suite du roi traverse l'Alsace Bossue.

C'était le moment de la fenaison. Nos paysans quittaient leurs fourches

et  leurs rateaux et , se découvrent , voyaient avec étonnement ces

nombreuses voitures couvertes de poussière , entourées d'officiers

et de gardes à cheval.
 

   Le soir on arrive à Bouquenom. Le roi fut logé à la maison de Poste située dans l'actuelle

Grand'rue , à proximité de l'église       ( plus tard

café " à la Rose d'Or") , les membres de la suite royale furent répartis

dans les principales maisons de la ville.

                                               le 9 grand'rue en fevrier 1874 environ 190 ans après la venue du roi Louis XIV
Quels membres de la suite royale ont séjournés dans cette maison bourgeoise de la Grand'rue ?
(actuellement 9 grand'rue ) peut-ètre le duc d'Orléans et "la belle" Liselotte ? allez savoir...

  Le lendemain , le roi commence l'inspection du camp . On y avait

réuni 28 bataillons soit 18 000 hommes . Des travaux assez importants

avaient été entrepris : les soldats et des habitants de la ville requis à cet effet

avaient défriché  les bois d'aulnes et de saules qui couvraient les bords

marécageux de la Sarre.

   lLe camp était commandé par le lieutenant-général Villeroy . Elevé avec Louis XIV

c'était un courtisan aimable qui savait maitriser son naturel orgueilleux

et emporté . Il avait prouvé sa bravoure dans la mèlée , mais plus tard il se

montre incapable de commander une armée.

   Le roi et sa suite assistaient à Bouquenom à de belles manoeuvres militaires.

Le matin de bonne heure , un coup de canon appelle les soldats aux armes ,

au deuxième coup de canon ils se rassemblaient et au troisième ils sortaient

du camp . Le roi fit éxécuter les exercices les plus divers et les suivait d'un

oeil attentif ; aucun détail ne lui échappait . Les dames aussi honoraient

les manoeuvres de leur présence et les suivaient à cheval.


 

   Aux environs du camp , sur une hauteur , on avait construit des fortifications

de campagne . On avait remué beaucoup de terre , fait des tranchées ,

enfoncé de nombreux pieux , tressé de longs clayonnages . Tout se passait

selon les règles de l'art militaire du temps . Huit bataillons de Champagne ,

Navarre , Rouergue , Marine , Vieille Marine , fusilliers et dragons de la reine

défendaient le fort , et les autres montaient à l'assaut.

   Louis XIV exprime sa satisfaction et fit remmettre des gratifications

à la plupart des capitaines.

Elisabeth Charlotte  von der Pfalz Liselotte la princesse palatine , avait fait venir sa mère ,

l'électrice douairière et l'avait installée dans un village à trois quarts d'heure

de Bouquenom. Elle lui rendait visite tous les jours . Nous l'apprenons par

une lettre qu'elle adresse le 18 juillet de la Ferté-sous-Jouarre à son demi-frère ,

le Raugraf Karl Ludwig .

   Le roi passa six jours à Bouquenom . La tradition raconte qu'avant le départ

du souverain , son hote demande l'autorisation d'entretenir un colombier .

C'était un privilège réservé aux nobles , mais le roi , pour exprimer son

contentement , l'aurait accordé. De mème il aurait donné l'autorisation

de construire des halles et versé une contribution importante .

Les halles ont été effectivement baties en 1684 , un an après la visite

de Louis XIV . C'est l'actuelle mairie de Saarre-Union.

   Le 6 juillet, le cortège quitte la ville. Le Dauphin , à la tète de la Maison du Roi

prit le chemin de Sarrelouis . Le roi , la reine , le duc et la duchesse d'Orléans

par contre se rendirent à Sarrebruck ou ils passèrent la nuit au chateau des

comtes de Nassau-Sarrebruck . A Sarrelouis , forteresse que Vauban venait de construire

sur le territoire du duché de Lorraine , baillage d'Allemagne , et à Sarrebruck se trouvait

une nombreuse garnison française . La frontière du Nord-Est était bien gardée.

   Après avoir inspecté les installations militaires et les troupes des deux villes , le roi

prit le  chemin du retour . Il passe par Metz , Verdun , Chalons .

   Ce voyage , entrepris au moment des plus grandes chaleurs , avait été par moments bien

pénible , et en rentrant à Versailles tout le monde était bien las. Ce sont peut-ètre

ces fatigues qui ont contribué à la mort subite de la reine . Après une maladie de

quelques jours seulement , elle  succombe le 30 juillet 1685 , immédiatement après

son retour à Versailles .

   Ce troisième voyage de Louis XIV nous montre le roi au sommet de sa puissance.

Mais déja nous voyons apparaitre à l'horizon les nuages noirs qui annoncent le déclin

de son règne.



Bibliographie : - Les voyages de Louis XIV en Alsace , p. Christian Pfister ( Scéances

et travaux de l'Académie des Sciences morales et politiques , 1922 . )

- Geschichte der stadt Saarunion , P; Joseph Levy

- Die briefe der Liselotte von der Pfalz , Herzogin von Orléans .


texte dactylographié trouvé dans les vieux papiers de Mr Alfred Mahler...


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